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mardi 9 juin 2009

L'Alliance Royale aux européennes : le bilan

Les résultats définitifs des élections européennes ont été publiés hier. Il est désormais temps de faire le point sur les résultats de la seule formation royaliste en lice, l'Alliance Royale. Les résultats de ce parti n'ayant pas les honneurs des journaux & télévisions officiels — mais comment nous étonner, alors que la plus médiatique liste anti-sioniste brille par son absence dans ces mêmes médias — ce sont donc aux membres de cette sensibilité de tirer les conclusions qui s'imposent. Sur ce point d'ailleurs, la division en branches, sous-branches, courants, sous-courants, etc. de notre famille politique peut nous être utile pour faire un bilan : tous les royalistes n'ayant pas soutenu l'AR, ceux qui se gaussent auront un avis qui ne sera sans doute pas objectif, mais aura au moins le mérite de contrebalancer les opinions trop optimistes de certains adhérents AR trop prompts à l'enthousiasme. Votre humble & dévoué serviteur n'a pas fait mystère de son modeste soutien à l'AR. Bien sûr, le conseil du prince était un blog bien trop jeune pour être suivi, mais cela aura au moins permis de situé politiquement son contributeur.

Ce bilan, au vu des résultats sera mitigé. On ne peut en effet être optimiste, mais être pessimiste serait excessif. D'abord, examinons les chiffres de cette année : selon le ministère de l'intérieur, 4244 électeurs ont porté leurs voix sur la liste royaliste. En comparaison des autres formations politiques, cela pourrait relever de la blague, et sans doute, les agents du ministère de l'intérieur, en compilant les données sur ces élections ont bien railler de piètres performances — cadeau de consolation, il y avait bien d'autres listes aussi farfelues que la notre, ayant fourni les mêmes résultats. Mais voilà, il faut comparer cela avec le nombre de militants actifs. Ceux-ci doivent se compter tout au plus à 500, en réunissant tous les mouvements, toutes les manières de militer — don, tractage, affichage, rédaction d'articles, distribution de journaux, cotisation, venue à des conférences, etc. Ainsi, nous pouvons estimer que chaque militant « actif » a réussi à toucher 8 « passifs ». C'est déjà assez conséquent. Surtout quand on sait que voter AR signifiait au préalable avoir fait la démarche de s'informer sur ce parti, d'avoir consulter son site internet et avoir par ce biais téléchargé, imprimé & découpé son bulletin au préalable. Voter royaliste lors de ces élections, c'était donc véritablement commettre un acte militant, réfléchi — pas forcément, comme certains l'ont signalé, pour espérer porter l'AR au Parlement européen, mais au moins pour faire entendre sa voix. De ce point de vue, nous pouvons raisonnablement compter chaque électeur comme un militant actif, la frange du noyau dur monarchiste en France. Ceci laisse un bon espoir de développer cette base, & d'attirer, à l'avenir, des électeurs moins formés idéologiquement mais sensibles à nos idées. Pour cela, bien sûr, il convient de s'affranchir des obstacles matériels de cette campagne : 1 — La difficulté à trouver des femmes acceptant d'inscrire leur nom sur les listes ; 2 — Le retard avec lesquelles celles-ci ont été déposées ; 3 — L'absence de professions de foi adressées à chaque électeur via l'enveloppe que chacun a reçu, avec toutes les autres ; 4 — L'absence de bulletins sur les tables des mairies, le jour même du vote. Un point positif, dans cette campagne, est l'importance qu'a accordé l'AR aux médias « de masse » (télévision, journaux, etc.) Ce fut en quelque sorte la priorité de la direction de l'AR que d'obtenir un spot télévisuel, pour toucher le maximum de gens, & l'on a pu compter sur les efforts de quelques personnes pour arracher à des journaux de menus articles sur ce petit parti, royaliste & atypique.


Maintenant, comparé aux résultats de 2004, ce cru 2009 n'est pas fameux : à cette époque, l'AR recueillait 5248 voix. C'est, clairement, moins bon de 1000 voix — à 4 près. A priori, on pourrait être déçu : le militantisme a fait rage cette fois-ci, le terrain a été couvert, l'espace occupé, la place assiégée, dans la mesure de nos moyens. Mais, regardons seulement ce fait-là : cette année, il n'y avait que cinq listes — le Nord & le Sud-Ouest manquaient à l'appel — tandis qu'au dernier scrutin, Tout le territoire français était couvert. Il est peu vraisemblable que, si ces deux listes manquantes avaient été validées, leur résultats n'eut pas été supérieur à 1000 voix*. Ces 4000 & quelques voix sont donc une bonne nouvelle : dans les régions concernées, on peut admettre une progression ; mais ces voix sont aussi une mauvaise nouvelle : les deux listes manquantes ont privé le parti du Roy de précieuses voix. Car il n'en fallait finalement pas beaucoup pour transformer des résultats médiocres en succès mérité : une augmentation de quelques centaines de voix, et l'on pouvait annoncer une progression de nos idées. Bien sûr, encore une fois, un tel commentaire aurait été en décalage avec les scores des grands parties de gouvernement, mais enfin, nous ne jouons pas dans la même cour... Ce score donc, démontre un amateurisme de jeunesse. C'est encore acceptable aujourd'hui, ce ne le sera plus la prochaine fois. Ce constat pourra être dur à entendre pour les gens qui se sont investi à fond dans la campagne, j'en conviens, mais il faut savoir dépasser ses erreurs, pour ne plus les commettre.

Attardons-nous sur la campagne elle-même. Sur ce plan-là, le bilan est plutôt positif. Votre humble & dévoué serviteur manque de comparaison — trop jeune en 2004, pour s'intéresser à ces affaires — mais force est de constater que l'effort militant était au rendez-vous. De nombreuses affiches ont été collées, partout en France, des autocollants aussi, bref, tout ce que le mouvement royco comptait d'éléments motivés a été mis en branle. D'une manière plus personnelle, L'AR a d'ailleurs bien vécu le départ « à la retraite » d'Yves-Marie Adeline, ce qui n'était pas donné.

Les conclusions peuvent donc être les suivantes :
- Ne surtout pas rester fixé sur ces résultats : qu'on les prennent bien ou mal, après la réunion annoncée par la direction du parti, qu'on en parle plus & que l'AR se focalise sur les prochaines élections — régionales.
- S'occuper au plus tôt de ces prochaines échéances. Le travail pour celles-ci devrait presque être déjà entamé.
- Tenter de rallier des personnes d'expériences, pour contrer les erreurs actuelles — les bruits courent que l'AR avait réussi à embaucher un ancien maire de Montfermeil ; pourvu que celui-ci ne soit pas déçu & reste chez nous, sans être attiré par le mirage du magot électoral des grands partis...
- Constituer un réseau d'implantations locales — JP Chauvin est grand partisan de cette idée, il en reparlera sans doute — pour servir de relai aux initiatives nationales
- Organiser la réforme du royalisme tout entier, & de ses structures — cette fois, l'idée est empruntée à Catonéo, tenant l'excellent blog Royal-Artillerie — pour éviter de se tirer dans les pattes à chaque occasion. Les assises du royalisme sont là pour régler ce problème, espérons qu'elles y parviennent.
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* Votre humble & dévoué serviteur tente de trouver les chiffres de l'année 2004 pour ces régions, afin de confirmer ses dires.

lundi 25 mai 2009

De l'utilité des élections européennes ?



Dans le milieu royaliste, le débat fait rage, à quelques semaines du scrutin. Doit-on participer ou non à ces élections ? Mon propos ne sera pas de vilipender l'une ou l'autre partie, chacun se faisant son opinion sur le sujet. Néanmoins, je vais tout de même me laisser aller à la critique — que les personnes qui se reconnaitront comme des cibles de cette attaque veuillent bien m'excuser par avance.

L'Alliance Royale, pour l'instant — & pour longtemps si possible — seul parti royaliste dans le spectre royaliste français, s'est engagé dans ces élections. C'est en quelque sorte un anniversaire pour cette formation, qui fut crée par Yves-Marie Adeline à l'occasion des dernières européennes, en 2004. Cette année, cinq listes sont en lisse pour les circonscriptions suivantes : Ile-de-France, Grand Ouest, Centre-Auvergne, Est & Sud-Est. Quant aux royalistes des autres circonscriptions, ils pourront se rabattre sur l'un quelconque des autres partis de leur choix, accompagné d'une quantité non négligeable du breuvage alcoolisé de leur choix.

Car si, en temps normal, l'électorat royaliste se disperse & s'étiole dans les partis républicains, faute d'une candidature ad hoc, cette fois-ci, il n'y a guère de raisons pour éviter le vote AR. On entend parfois que voter serait inutile, qui plus est pour des élections européennes. De nombreux arguments ont été savamment développés pour réfuter ce « déni de vote ». Mais si il ne faut en retenir qu'un ce serait celui-ci : sans tomber dans le cliché républicain, voter est un pouvoir qui nous est offert. Sans doute pas grandiose, mais pourquoi s'en priver ? Nous ne pouvons nous offrir le luxe de délaisser un seul moyen de se faire entendre. L'élection encore moins que les autres. Celle-ci reste à l'heure actuelle le vecteur le plus important d'expression politique, pour des tendances aussi peu médiatisées & aussi peu fournies en argent sonnant & trébuchant que le royalisme. Un clip de campagne de l'AR touchera un public beaucoup plus important que celui des efforts réunis pendant toute une année militante. Certes, tous le monde ne sera pas intéressé par ce petit parti d'hurluberlus, mais au moins, ils sauront que le royalisme est toujours présent en France, malgré la propagande républicaine qui sévit à l'école. Et si par bonheur l'Alliance continue sur sa lancée, l'effet de répétition pourrait mener à une banalisation de son image, clé de la reconnaissance.